On parle beaucoup de MaPrimeRénov', et très peu des primes CEE. Pourtant, depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, ce sont elles qui financent seules plusieurs travaux. Et contrairement à la prime de l'État, elles ont un horizon : un décret les a ouvertes jusqu'au 31 décembre 2030.
En bref
- Ce qui est acquis : les primes CEE sont ouvertes du 1ᵉʳ janvier 2026 au 31 décembre 2030. Cinq ans de visibilité.
- Pourquoi ça compte : depuis le 1ᵉʳ septembre, elles financent seules l'isolation, le chauffage au bois et le chauffe-eau thermodynamique.
- Le piège : le montant n'est jamais ferme avant le devis. Il dépend de l'obligé qui finance la prime.
Ce que dit le décret
Le décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025, publié au Journal officiel du 4 novembre, ouvre la sixième période du dispositif des certificats d'économies d'énergie. Elle court de 2026 à 2030.
Le mécanisme est simple dans son principe. L'État impose aux vendeurs d'énergie de financer des économies d'énergie chez leurs clients. Ces vendeurs, appelés les obligés, achètent donc des travaux. Votre isolation des combles est l'un d'eux.
L'obligation annuelle totale a été fixée sur la base de 1 050 térawattheures cumac, l'unité de compte du dispositif. Le chiffre vient de la direction générale de l'énergie et du climat, qui a présenté le décret en décembre 2025.
Un quart de l'obligation réservé aux ménages modestes
Le décret fixe un coefficient dit de précarité à 0,364, ce qui représente 280 térawattheures cumac par an. Cette part doit obligatoirement bénéficier à des ménages en situation de précarité énergétique.
Ce n'est pas une intention, c'est un volume imposé. Les obligés ont donc un intérêt direct à financer les travaux des ménages aux revenus modestes, et c'est pour cela que les barèmes sont plus élevés pour eux.
Dans le bassin minier, cette mécanique joue souvent en votre faveur. Encore faut-il déclarer ses revenus au bon moment, c'est-à-dire avant la signature du devis.
Ce que les CEE financent, maintenant qu'elles sont seules
Le décret du 25 août 2026 a retiré plusieurs travaux du parcours par geste de MaPrimeRénov'. Pour ces travaux-là, la prime CEE est désormais la seule aide mobilisable sans bouquet de travaux.
| Travaux | Prime CEE en zone H1 | Parcours par geste |
|---|---|---|
| Poêle à granulés | 1 104 à 2 118 € | plus de forfait depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 |
| Poêle à bûches | 500 à 1 500 € | plus de forfait depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 |
| Chauffe-eau thermodynamique | 50 à 150 € | plus de forfait depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 |
| Isolation des combles | 13,29 à 20,40 €/m² | plus de forfait depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 |
| Chaudière à granulés | 1 104 à 4 000 € | plus de forfait depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 |
Le Pas-de-Calais est en zone climatique H1, celle où les barèmes sont les plus élevés. C'est le cas par exemple d'une chaudière à granulés, dont la prime est la plus haute du tableau. Les fourchettes ci-dessus en tiennent compte.
Pourquoi aucun artisan honnête ne vous donnera un montant ferme
La prime CEE n'est pas un barème public. C'est un prix de marché : chaque obligé fixe le sien, et il varie dans le temps.
Un professionnel qui vous annonce un chiffre exact avant d'avoir consulté son obligé invente. Un professionnel sérieux vous donne une fourchette, puis le montant ferme sur le devis, une fois la prime réservée.
Bonne nouvelle en revanche sur la trésorerie : la prime CEE est déduite directement du devis. Vous ne l'avancez pas, à la différence de MaPrimeRénov', versée après les travaux.
Le texte prévoit qu'il reste toujours une part à payer
C'est le point le plus utile du décret pour un particulier, et personne n'en parle. Le texte reprend au niveau réglementaire une disposition de la loi dite Cazenave.
Elle instaure des critères de pondération destinés à garantir au bénéficiaire un temps de retour sur investissement minimal, ou un reste à charge minimal.
Traduit : le dispositif est désormais conçu pour qu'il reste une part à votre charge. Si une publicité vous promet des travaux intégralement financés, elle vous promet quelque chose que la réglementation cherche précisément à empêcher.
Ce qui change contre la fraude
La sixième période renforce les contrôles, et deux mesures touchent directement les chantiers.
- L'indépendance des contrôleurs. Le texte prépare l'exigence d'une absence de lien capitalistique entre l'organisme qui contrôle le chantier et l'entreprise qui demande la prime.
- La traçabilité des cessions. Le contrat de cession des certificats doit désormais mentionner les liens entre les intervenants.
Les certificats délivrés à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 sont par ailleurs annulés douze ans après leur délivrance. C'est une règle de marché, sans effet sur votre chantier.
Ce que ça veut dire pour un chantier dans le 62
Deux choses, concrètement.
D'abord, le calendrier. Les primes CEE ne sont pas menacées à court terme : leur cadre court jusqu'à fin 2030. Il n'y a donc aucune urgence fabriquée à signer avant une date qui arriverait bientôt.
Ensuite, l'ordre des opérations. La prime doit être réservée avant la signature du devis. Un dossier monté après coup est refusé, et cette erreur-là ne se rattrape pas.
Source principale : décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025, relatif à la sixième période des certificats d'économies d'énergie. Journal officiel n° 259 du 4 novembre 2025, sur legifrance.gouv.fr (JORFTEXT000052486193). L'obligation annuelle et le coefficient de précarité viennent de la direction générale de l'énergie et du climat. Son webinaire de présentation du 2 décembre 2025 est publié sur ecologie.gouv.fr. Vérifié le 17 octobre 2026. Les fourchettes de prime sont données en zone H1 et dépendent de l'obligé qui finance : elles ne constituent pas un barème officiel.
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